Alina Reyes écrit : "Pourquoi la littérature
Alina Reyes écrit :
"Il y a quelques mois, invitée par Dominique Autié à écrire sur « la littérature érotique », je constatai :
(…) Le corps demande, l’esprit répond par le principe de délicatesse, processus où la vision s’engage dans une spécialisation plus ou moins poussée du désir et de l’objet du désir.
La littérature est alors le meilleur instrument de précision possible. Le mouvement de la lecture et de l’écriture, leur avancée, activent une mécanique qui démultiplie le temps du désir, le pointe et tout à la fois l’éclate (…)
Le courant des mots, leur cours savant produisent l’envoûtement où vont alors se fondre désir et plaisir, inscrivant la tension dans la jouissance, et la jouissance dans la durée.

Haletant comme un roman policier, le texte érotique va au crime, fait souffrir les délices et les supplices d’un crime qui n’en finit pas. (…)
Dans sa théâtralité le texte est un événement voluptueux au cœur duquel se déroulent des cérémonies secrètes, d’ordre sacrificiel. Œuvre d’un criminel – le lecteur, l’auteur – qui exige, pour parachever sa jouissance, d’être démasqué par le texte qu’il a lui-même suscité.
C’est dans cet accomplissement qu’il trouve sa souveraineté. Au bout de la parole, au bout du désir, le voici parvenu au silence. Livré tout au long du texte au risque et à la joie, le château repose maintenant dans la plénitude de son nouveau vide, un vide habité.
Lire, écrire, c’est aller au silence. Le lecteur érotisé par une pratique intense de la littérature sait que toute vraie littérature, comme celle dite érotique, manifeste par une mobilisation spéciale – processuelle, raffinée, délicate, brutale, cruelle – de la chair lisant/écrivant, cela même qui est l’essence de la jouissance, l’expérience de l’infini (…)"
J'ai le désir de garder le texte d'Alina Reyes dans mon blog. Et de parcourir une toile de melns dont je décide l'exposition, accompagnatrice de ce texte.
